Considéré comme l'un des plus grands souverains de l'Égypte antique, le pharaon Ramsès II a régné pendant une période extraordinaire de 66 ans et 2 mois, atteignant l'âge remarquable de 90 ans.
En tant que dieu vivant et dirigeant suprême, il a marqué l'histoire en construisant plus de monuments que tout autre pharaon, notamment le majestueux temple d'Abou Simbel avec ses statues colossales de 20 mètres de hauteur.
Ce souverain exceptionnel a non seulement dirigé environ 70 000 hommes lors de la célèbre bataille de Qadesh, mais il a également établi le premier traité de paix documenté de l'histoire avec les Hittites.
Père de plus de 88 enfants et bâtisseur de la nouvelle capitale Pi-Ramsès, vous découvrirez comment ce pharaon légendaire a façonné l'une des périodes les plus prospères de l'histoire égyptienne.
Les origines de Ramsès II remontent à une famille de militaires du Delta nord-oriental, probablement de la région d'Avaris. [ Circuit en Égypte ]
Cette lignée militaire exceptionnelle comprend son arrière-grand-père Séthi, son grand-père paternel Pa-Râmessou, son père Séthi Ier et son grand-père maternel Raïa.
Notamment, sa grand-mère paternelle Satrê provenait également d'une famille de tradition militaire.
À l'origine, cette famille n'était pas destinée au pouvoir royal.
Néanmoins, le destin bascula lorsque le pharaon Horemheb, sans héritier, choisit Pa-Râmessou, le grand-père de Ramsès II, comme successeur.
Pa-Râmessou devint ainsi Ramsès Ier et régna pendant environ deux ans.
Cette ascension marqua le début d'une nouvelle dynastie, ancrée dans les traditions militaires du delta du Nil.
Dès son plus jeune âge, Ramsès II bénéficia d'une formation militaire rigoureuse.
À quatorze ans, il accompagnait déjà son père Séthi Ier dans ses campagnes militaires en Libye et en Palestine.
Cette expérience précoce forgea son caractère de chef militaire.
Par ailleurs, sa mère Mouttouya, dotée d'une forte personnalité, participa activement à la vie politique du royaume et influença considérablement les actions de son fils.
Séthi Ier, conscient de l'importance d'une succession stable, associa progressivement son fils au pouvoir.
À vingt-deux ans, Ramsès II dirigeait ses propres campagnes en Nubie, accompagné de ses fils Khâemouaset et Amonherkhépeshef.
Cette période d'apprentissage lui permit également de superviser d'importants projets de construction et de restauration aux côtés de son père.
Le couronnement de Ramsès II suivit un protocole précis.
Après la mort de Séthi Ier, le 26e jour du IIIe mois de la saison Shemou, les cérémonies funéraires durèrent soixante-dix jours.
Le corps de son père fut transporté par bateau depuis le delta du Nil jusqu'à la Vallée des Rois de Thèbes.
En accédant au trône vers l'âge de vingt-cinq ans, Ramsès II hérita d'une situation intérieure et internationale favorable.
Les actions militaires de ses prédécesseurs avaient considérablement renforcé la puissance égyptienne.
De plus, il bénéficia d'une armée exceptionnellement organisée, divisée en quatre divisions de cinq mille hommes chacune, placées sous la protection des dieux Amon, Rê, Ptah et Seth.
Dès les premières années de son règne, Ramsès II manifesta sa volonté de consolider le pouvoir.
Il ordonna l'achèvement des grands chantiers initiés par son père, notamment le temple funéraire d'Abydos et l'immense salle hypostyle de Karnak.
Cette période marqua également le début d'une politique ambitieuse visant à renforcer l'économie, le commerce et la production agricole.
En l'an 5 de son règne, Ramsès II entreprit une campagne militaire majeure contre l'Empire hittite, marquant ainsi le début d'un conflit qui allait façonner l'histoire du Proche-Orient ancien. [ Splendeur du Nil Louxor et Assouan ]
La bataille de Qadesh, qui se déroula aux environs de 1274 av. J.-C., constitue l'un des affrontements militaires les plus documentés de l'Antiquité.
Face à l'armée égyptienne, le roi hittite Muwatalli II avait rassemblé une force impressionnante de 47 500 combattants et au moins 7 000 chevaux.
L'affrontement débuta par une ruse hittite. Des espions bédouins, travaillant pour l'ennemi, informèrent faussement Ramsès II que les forces hittites se trouvaient loin au nord.
Cependant, la réalité était tout autre : l'armée hittite attendait en embuscade près de Qadesh.
L'attaque surprise qui s'ensuivit fut dévastatrice, avec près de 3 000 chars hittites et 40 000 fantassins qui s'abattirent sur les forces égyptiennes.
Les divisions égyptiennes, organisées sous la protection des dieux Amon, Rê, Ptah et Seth, comptaient chacune 5 000 soldats.
Malgré cette organisation minutieuse, deux des quatre divisions furent taillées en pièces lors de l'assaut initial.
Entre l'an 5 et l'an 21 de son règne, Ramsès II mena plusieurs campagnes en Syrie-Palestine.
Ces opérations visaient principalement la Galilée, l'Amourrou, ainsi que les régions de Moab et d'Édom.
Un succès notable fut la prise de Dapour, où le pharaon fit ériger une statue à son effigie et installa une garnison permanente.
Pour consolider ses positions, Ramsès organisa en l'an 10 une nouvelle campagne, durant laquelle il fit défiler ses troupes dans les principales cités de la région, s'emparant notamment d'Acre.
Cette démonstration de force visait à affirmer la présence égyptienne dans la région.
Après seize années de conflit, un événement historique se produisit : la signature du premier traité de paix documenté de l'histoire en 1258 av. J.-C..
Ce document remarquable, rédigé en akkadien sur des tablettes d'argile, fut signé entre Ramsès II et le roi hittite Hattusili III.
Le traité comportait plusieurs dispositions novatrices pour l'époque :
Cette paix fut renforcée par une alliance matrimoniale : Ramsès II épousa une princesse hittite, Maâthornéferourê.
Cette union diplomatique marqua le début d'une période de coopération fructueuse entre les deux empires.
Les Hittites partagèrent leur expertise dans le travail du métal, tandis que les Égyptiens transmirent leurs connaissances en agriculture.
L'importance de ce traité est telle qu'une réplique est aujourd'hui exposée au siège des Nations unies à New York, symbolisant les premiers pas de la diplomatie internationale.
L'ambition architecturale de Ramsès II s'est manifestée dès le début de son règne, transformant le paysage égyptien avec des monuments d'une envergure sans précédent.
Dans le delta du Nil, Ramsès II établit sa nouvelle capitale, Pi-Ramsès, une cité monumentale s'étendant sur 18 km² et abritant jusqu'à 300 000 habitants.
Cette "ville turquoise", ainsi nommée pour ses encadrements de portes et fenêtres caractéristiques, abritait trois temples principaux dédiés à Rê, Amon et Ptah.
Le palais royal, dont l'enceinte s'étendait sur plus de 500 mètres, dominait le centre de la ville. La cité comprenait également :
À 280 km au sud d'Assouan, les temples d'Abou Simbel représentent l'apogée du génie architectural de Ramsès II.
Le grand temple, taillé dans la roche, présente quatre colosses du pharaon assis, mesurant chacun dix mètres de hauteur.
Le pronaos est orné de huit piliers osiriaques de dix mètres, aux traits de Ramsès II.
Une particularité remarquable du temple réside dans son orientation astronomique : deux fois par an, le 22 février et le 22 octobre, les rayons du soleil levant pénètrent jusqu'au sanctuaire, illuminant les statues des divinités.
La construction de ce complexe monumental a nécessité vingt années de travail.
En raison de la construction du barrage d'Assouan dans les années 1960, les temples ont été déplacés 65 mètres plus haut, une prouesse technique qui a coûté plus de 36 millions de dollars.
Le Ramesseum, temple des millions d'années de Ramsès II, s'étend sur une superficie de dix hectares.
Ce complexe ne servait pas uniquement de lieu de culte mais constituait également un centre économique et culturel majeur.
Il abritait notamment :
Au cœur du temple trônait une statue colossale de Ramsès II en granit rose, mesurant dix-huit mètres de hauteur et pesant environ mille tonnes.
Cette statue monumentale, aujourd'hui brisée, témoigne encore de la grandeur du règne de ce pharaon bâtisseur.
Le complexe comprenait également une bibliothèque renfermant quelque 10 000 rouleaux de papyrus, faisant du Ramesseum un centre intellectuel majeur de l'Égypte antique.
Des fouilles récentes ont révélé la présence de talismans et de figurines en faïence, attestant que le site resta habité bien après l'époque ramesside.
Le règne de soixante-six ans de Ramsès II marque une période exceptionnelle dans l'histoire de l'Égypte antique, caractérisée par une stabilité politique et une prospérité économique sans précédent.
Sous la direction de Ramsès II, l'Égypte atteint son apogée grâce à une exploitation intensive des ressources naturelles.
Les mines d'or de Nubie fournissent des revenus constants aux caisses de l'État, tandis que l'ouverture de nouvelles carrières stimule l'activité économique.
Cette richesse permet notamment de financer d'ambitieux projets de construction à travers tout le pays.
L'agriculture connaît également un essor remarquable. Les greniers, selon les archives de l'époque, "touchent le ciel", témoignant d'une production agricole florissante.
Par ailleurs, les relations commerciales prospèrent particulièrement après la signature du traité de paix avec les Hittites.
Pour gérer efficacement son empire, Ramsès II met en place une administration rigoureuse.
Le système bureaucratique s'appuie sur un réseau de fonctionnaires compétents, notamment dans les régions frontalières où des structures administratives solides assurent la collecte régulière des tributs.
L'organisation militaire demeure également un pilier du pouvoir. L'armée, divisée en quatre divisions de 5 000 hommes chacune, est placée sous la protection des dieux Amon, Rê, Ptah et Seth.
Cette force considérable permet de maintenir l'ordre dans les provinces et de protéger les frontières.
Le système économique s'articule autour de centres administratifs régionaux, dont le plus important est le Ramesseum.
Ce complexe ne se limite pas à sa fonction religieuse mais sert également de :
Après la signature du traité de paix avec les Hittites en l'an 21 de son règne, Ramsès II développe une politique étrangère sophistiquée.
Ce traité, gravé sur une stèle d'argent, établit non seulement la paix mais aussi une alliance formelle entre les deux royaumes.
Il prévoit notamment l'extradition des traîtres et définit précisément les frontières entre les deux empires.
Les échanges diplomatiques s'intensifient particulièrement avec le mariage de Ramsès II et de la fille du roi hittite Hattousili III.
Cette union est accompagnée de dons considérables : métaux précieux, bétail et esclaves.
Les deux reines, Poudoukhépa et Néfertari, entretiennent également des relations cordiales, échangeant régulièrement des cadeaux.
Cette période de stabilité permet à l'Égypte de consolider son influence régionale.
Les relations commerciales florissantes favorisent les échanges technologiques : les Hittites partagent leur expertise métallurgique tandis que les Égyptiens transmettent leur savoir-faire agricole.
L'importance historique de ce traité est telle qu'une réplique est aujourd'hui exposée au siège des Nations unies à New York.
Le règne de Ramsès II représente certainement l'une des périodes les plus remarquables de l'histoire égyptienne.
Pendant ses soixante-six années au pouvoir, ce pharaon extraordinaire a transformé l'Égypte en une puissance inégalée, alliant prouesses militaires et réalisations architecturales spectaculaires.
Sans aucun doute, sa plus grande réussite diplomatique demeure le traité de paix avec les Hittites, premier accord international documenté de l'histoire.
Cette alliance stratégique, renforcée par des mariages diplomatiques, a assuré une période de stabilité sans précédent dans la région.
Les monuments colossaux qu'il a fait ériger, notamment les temples d'Abou Simbel et le Ramesseum, témoignent encore aujourd'hui de sa grandeur.
Sa nouvelle capitale, Pi-Ramsès, symbolisait parfaitement cette prospérité, abritant jusqu'à 300 000 habitants dans une cité aux dimensions impressionnantes.
À travers une administration rigoureuse et une famille royale étendue, Ramsès II a établi un système de gouvernance efficace qui a perduré bien après son règne.
Son influence sur l'histoire égyptienne reste si profonde que trois millénaires plus tard, son nom continue d'évoquer l'âge d'or des pharaons.
Q1. Quelles sont les principales réalisations de Ramsès II ?
Ramsès II a marqué l'histoire par ses nombreuses constructions monumentales, notamment les temples d'Abou Simbel et le Ramesseum.
Il a également signé le premier traité de paix documenté avec les Hittites et a considérablement étendu l'influence de l'Égypte dans la région.
Q2. Comment Ramsès II a-t-il transformé l'Égypte pendant son règne ?
Sous le règne de Ramsès II, l'Égypte a connu une période de grande prospérité.
Il a développé l'agriculture, intensifié l'exploitation des mines d'or, et construit une nouvelle capitale, Pi-Ramsès. Son administration efficace et ses relations diplomatiques ont assuré la stabilité du royaume.
Q3. Quelle était l'importance de la famille royale sous Ramsès II ?
Ramsès II avait une famille nombreuse, avec plus de 100 enfants. Ses épouses royales, notamment Néfertari, jouaient un rôle important dans les affaires de l'État.
Ses enfants occupaient des postes clés dans l'administration, l'armée et le clergé, renforçant ainsi le pouvoir royal.
Q4. Quelles étaient les principales stratégies militaires de Ramsès II ?
Ramsès II était un pharaon guerrier qui a mené plusieurs campagnes militaires, notamment contre les Hittites.
La bataille de Qadesh est l'un de ses affrontements les plus célèbres. Il a également consolidé le contrôle égyptien sur la Nubie et la Syrie-Palestine.
Q5. Comment les jubilés Sed reflétaient-ils le pouvoir de Ramsès II ?
Les jubilés Sed, célébrés régulièrement pendant le long règne de Ramsès II, étaient des cérémonies de régénération du pouvoir royal.
Ils démontraient la longévité exceptionnelle du pharaon sur le trône et renforçaient symboliquement son autorité sur l'Égypte.
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